Histoire de la Terre et de la vie - Actualités géologiques

Energies et climat

Le réchauffement climatique

Paysage côtier hivernal avec des fragments de glace flottante sur une eau bleue encore froide. Golfe de Finlande, Russie.

Depuis que les hommes utilisent massivement les combustibles fossiles, la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté. Elle est passée de 280 ppmv (partie par million en volume, soit 0,028 %) à plus de 410 ppmv en 2020. On peut considérer qu’il augmente de 2 ppmv par an. Si ce taux reste constant, la concentration en CO₂ atteindra 570 ppmv à la fin de ce siècle. Elle aura donc à peu près doublé. Ce ne sera pas sans conséquence sur les climats de la Terre, puisque le CO₂ est un gaz à effet de serre. Il se produit ce que l’on appelle un réchauffement climatique, dont l’existence est à présent largement admise. La température moyenne globale a augmenté de 1 ± 0,2 °C depuis le début de l’ère industrielle.

Ce fait est largement admis, sauf par des mouvements à caractère politique qui se font beaucoup entendre mais qui n’ont guère influé sur les décisions gouvernementales. L’objet de cet article est de répondre à certains de leurs arguments. Tous ne peuvent pas être traités. Pour cela, il faudrait un livre entier. Les militants climatosceptiques, qui ne sont en fait pas simplement sceptiques mais sont dans le déni, contestent tout sauf l’augmentation du taux de CO₂, et encore affirment-ils que ce dioxyde de carbone est à plus de 95 % d’origine non humaine. C’est parfaitement invraisemblable puisque cette augmentation coïncide avec la combustion de charbon puis d’hydrocarbures, et cela hisse le climatoscepticisme au niveau de la Terre plate.

Une description du cycle du carbone a été publiée ici. La concentration de 280 ppmv de CO₂ représentait 589 Gt (gigatonnes) de carbone, or l’utilisation des combustibles fossiles a envoyé dans l’atmosphère, jusque dans les années 2010, une quantité de carbone estimée à 244 Gt. Ce carbone n’est pas exactement le même que celui émis par les volcans, provenant du manteau terrestre, car la photosynthèse, à l’origine du charbon et des hydrocarbures, sélectionne de préférence le carbone 12, au détriment du carbone 13, l’isotope lourd du carbone. L’utilisation des combustibles fossiles a donc rejeté dans l’atmosphère un CO₂ dont les atomes de carbone sont légers, et cela se mesure très bien.

Un parfait exemple de mensonge diffusé par les climatosceptiques : minimiser le rôle du dioxyde de carbone dans l’effet de serre radiatif. Il en représente en réalité 26 % (32 W/m²). La vapeur d’eau en représente 60 % (75 W/m²).

L’effet de serre radiatif

Il faut réaffirmer que le CO₂ est un gaz à effet de serre et que, quoiqu’il ne soit que le deuxième après la vapeur d’eau, une hausse de sa concentration doit nécessairement se faire sentir. Les transferts radiatifs ont été traités en détail dans ce blog et la lecture de cet article est recommandé. En résumé, les rayonnements envoyés par le Soleil vers la Terre, répartis sur toute la surface du globe, ont une puissance de 341 W/m². On fait une moyenne entre le jour et la nuit. Ces rayonnements sont composés à 43 % d’infrarouges et de 7 % d’ultraviolets. Si la Terre est en équilibre, elle renvoie 341 W/m² dans l’espace. Comme tout corps chauffé, elle émet des rayonnements électromagnétique. Avec une température moyenne de 15 °C, le pic de se trouve à 15 µm et le rayonnement est uniquement infrarouge. Les scientifiques le désignent comme un rayonnement de grande longueur d’onde pour le distinguer du rayonnement solaire, de petite longueur d’onde et qui est à la fois infrarouge, visible et ultraviolet.

Les infrarouges émis par la Terre (ayant une puissance de 396 W/m²) ne peuvent majoritairement pas atteindre l’espace car ils sont absorbés par les gaz à effet de serre et les nuages. Seuls 40 W/m² s’échappent directement dans l’espace, par la fenêtre atmosphérique (atmospheric window). Les molécules diatomiques comme le diazote et le dioxygène, ainsi que les gaz monoatomiques comme l’argon, qui composent quasiment 100 % de l’atmosphère terrestre, n’absorbent pas les infrarouges. La vapeur d’eau, le CO₂ et d’autres molécules triatomiques ou plus complexes ont cette propriété. L’absorption et l’émission d’infrarouges sont causées par des variations de niveaux de vibration des molécules.

Ce que l’on appelle communément l’effet de serre est différent de ce qui se passe dans une serre, où l’air est confiné. On devrait parler d’effet de serre radiatif. C’est un phénomène physique complexe, mais il existe une manière assez simple de l’observer : par temps clair, on braque un spectromètre à infrarouges vers le ciel. On mesure un rayonnement dont les raies permettent d’identifier les gaz qui l’ont émis. Ce sont les infrarouges réémis par l’atmosphère vers la surface de la Terre (back radiation). Leur puissance totale, compte tenu des nuages, est de 333 W/m².

L’atmosphère réémet également des infrarouges vers l’espace, avec une puissance estimée à 199 W/m² (dont 169 provenant des gaz et 30 provenant des nuages). Elle conserve par conséquent un excédent de (396 – 40 – 199) W/m², soit 157 W/m². Cela donne la mesure de l’effet de serre radiatif. Sans lui, la surface de la Terre ne serait pas à 15 °C mais à – 18 °C. La contribution de la vapeur d’eau et du CO₂ sont respectivement de 75 W/m² et de 32 W/m², si bien qu’une augmentation de la teneur en CO₂ peut se faire sentir.

Bilan énergétique par Trenberth et al., 2009. Remarquer l’absorption nette de 0,9 W/m² par la surface de la Terre. Ce léger déséquilibre est à l’origine du réchauffement climatique.

En quelque sorte, l’atmosphère, plus exactement la troposphère à moins de 10 km d’altitude, chauffe la Terre, or elle est plus froide que la surface des continents et des océans. Les climatosceptiques pensent à tort que cette affirmation contredisent les lois de la physique. La surface de la Terre est assimilable à un corps noir : c’est un absorbeur et un émetteur idéal de rayonnement. Il absorbe la totalité des 333 W/m² et il en émet 396 W/m². La différence s’explique par le rayonnement solaire absorbé (161 W/m²) et l’énergie évacuée de manière non radiative vers l’atmosphère (thermals, evapo-transpiration, 97 W/m²).

Une autre objection est que l’augmentation de la teneur en CO₂ n’augmente pas l’effet de serre naturel puisque les infrarouges émis par la Terre sont déjà totalement absorbés par l’atmosphère. En réalité, la situation est compliquée. Les infrarouges sont absorbés et réémis de multiples fois avant de pouvoir quitter l’atmosphère grâce à la raréfaction du CO₂. Cela se fait dans la troposphère à une altitude comprise entre 3 et 8 km. Ajouter du CO₂ conduit à augmenter l’altitude d’émission et donc à diminuer la puissance émise vers l’espace, puisque l’émission a un caractère thermique et que la température décroît avec l’altitude. Il en résulte un échauffement de la troposphère propagé vers le bas grâce à la convection des masses d’air. Cela fait remonter la température d’émission et l’équilibre est rétabli, mais au prix d’un échauffement qui atteint la surface de la Terre.

La hausse de la température moyenne globale TMG

Comme on l’a vu, il existe un effet de serre naturel qui permet à la Terre de ne pas être gelée. Elle augmente sa température moyenne globale de 33 °C, par rapport à l’état du système climatique sans gaz à effet de serre. La contribution du CO₂ est estimée à 75 W/m². En 2007, l’augmentation de la concentration en CO₂, qui n’avait pas encore atteint les 400 ppmv, avait provoqué un forçage radiatif évalué entre 1,49 et 1,83 W/m², suffisamment pour provoquer des augmentations de températures sensibles. Bien entendu, ce 1 ± 0,2 °C n’est qu’une moyenne. Grâce à leur inertie thermique, les océans se réchauffent moins que les continents et seules les eaux superficielles sont pour le moment concernées. Dans une zone du nord de l’Atlantique, elles se sont même refroidies. L’Asie centrale, une partie du Canada et du Brésil ont connu des augmentations dépassant les 2 °C.

Anomalies des températures de surface en juin 2020, par rapport à la période 1961-1990.

Les climatosceptiques prétendent parfois que la notion de température moyenne n’a pas de sens. Comme ils ne craignent pas la contradiction, ils disent aussi que la TMG n’a pas augmenté durant une vingtaine d’années, à partir de 1998. En fait, la TMG a une signification physique précise : c’est la température à laquelle la surface de la Terre équilibre son bilan énergétique. Ensuite, elle peut se calculer grâce à des procédures statistiques, par agrégation de données. Des milliers de stations météorologiques sont utilisées sur les continents. Les températures sont relevées sur les océans grâce à des bouées, des navires scientifiques et commerciaux. Depuis les années 1980, des satellites sont employés, mais ils ne mesurent pas directement les températures.

Trois principaux organismes effectuent cette tâche, de manière indépendante. Le premier est le Hadley Centre for Climate Prediction and Research. Il fait partie du Met Office, l’équivalent anglais de Météo France. L’agrégation des données continentales et océaniques donne des courbes appelées HadCRUT, auxquelles collabore la Climate Resarch Unit de l’Université d’East Anglia. Le deuxième organisme est le Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA. Le troisième est le National Climatic Data Center, dépendant de la NOAA, l’agence météorologique et océanographique des USA. Il a été fusionné avec deux autres organismes collectant des données géophysiques et océanographiques. Les données fournies par les satellites sont traitées par la société privée Remote Sensing Systems. Elles l’ont d’abord été à l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH), par l’équipe de John Christy et Roy Spencer. Ces deux scientifiques ont à présent des positions climatosceptiques, mais sans tomber dans les excès des militants politiques. Ils ne prétendent pas que l’effet de serre radiatif n’existe pas parce qu’il violerait les lois de la thermodynamique.

Les barres rouges indiquent la moyenne annuelle mondiale des anomalies de température près de la surface à partir de 1850. Les barres d’erreur indiquent les intervalles de confiance à 95% sur les moyennes annuelles. La ligne bleue épaisse montre les valeurs annuelles après lissage avec un filtre binomial à 21 points. La partie en pointillés de la ligne lissée indique où elle est influencée par le traitement des points finaux. Les fines lignes bleues indiquent les intervalles de confiance à 95% sur la courbe lissée.

Prévoir l’évolution des climats

Peut-on savoir comment les climats de la Terre vont évoluer durant les prochaines décennies, voire jusqu’en 2100 ou même après ? On entend souvent dire qu’une telle prévision est impossible, puisqu’on ne peut pas prévoir le temps au-delà d’une quinzaine de jours. C’est méconnaître la distinction entre le temps et le climat. On peut définir le climat d’une région comme la « moyenne du temps » qu’il y fait, cette moyenne étant effectuée par convention sur trente ans. On sait bien que certaines régions sont plus chaudes que d’autres ou que les pluies y sont plus abondantes. Les Grecs avaient déjà remarqué que le climat de leurs pays diffère de celui de Thèbes en Égypte. Le mot climat vient du grec klima, qui signifie « inclinaison ». Il s’agit de l’inclinaison des rayons du Soleil, qui est l’un des paramètres physiques déterminant le climat. Le Soleil monte plus haut dans le ciel à Thèbes qu’en Grèce, si bien qu’il y fait en moyenne plus chaud. Ainsi, le climat est fonction de la latitude.

Parmis ces paramètres physiques, figurent les concentrations en CO₂ et autres gaz à effet de serre dont il a été peu question ici : méthane, CFC, ozone, etc. Le plus important paramètre est la constante solaire. C’est la puissance du rayonnement solaire reçu par une surface qui lui est perpendiculaire, en dehors de l’atmosphère terrestre. Ce nombre varie avec le temps de 0,4 % autour de 1 366 W/m², selon un cycle de onze ans lié aux taches solaires. Ces variations ne sont pas suffisantes pour influer sur les climats de la Terre. Il existe des variations climatiques d’origine astronomique : les cycles de Milankovitch. Ils n’ont aucun rapport avec le réchauffement climatique actuel car ils agissent sur des périodes de temps beaucoup plus longues. Ils sont responsables d’un cycle de glaciations dont la période est de 100 000 ans. La dernière glaciation s’est terminée il y a 11 700 ans, marquant le début de l’Holocène, l’actuelle période interglaciaire. Sans l’apport actuel de CO₂ dans l’atmosphère, le prochain refroidissement devrait se produire dans 23 000 ans.

L’évolution future des concentrations des gaz à effet de serre échappe à la science. Elle dépend de l’évolution des activités humaines. Le GIEC a élaboré des scénarios d’abord appelés SRES puis RCP (Representative Concentration Pathway « évolution de concentration représentative »). Aucun n’est considéré comme plus probable que les autres. Le rôle des climatologues n’est pas de prédire l’avenir mais de préciser comment les climats réagissent aux variations des concentrations de gaz à effet de serre. À chaque RCP, ils font correspondre une évolution du système climatique, en s’efforçant de décrire les variations locales, sur les continents et les océans. Ces modélisations sont constamment améliorées. Le projet actuel est appelé CIMP (Couple Model Intercomparaison Project « projet d’intercomparaison des modèles couplés ») et les climatologues du monde entier y collaborent.

Une opposition politique et idéologique

Tous les faits présentés dans cet article sont parfaitement établis et ils ne peuvent être niés que pour des raisons non scientifiques. Les industries pétrolières et gazières exercent un lobbying considérable, que leur permettent leurs moyens financiers, afin de pouvoir continuer leurs activités, mais les motivations sont également politiques. En France, l’association Liberaux.org promeut la pensée dite libérale, focalisée sur la défense des libertés et luttant contre toute forme de réglementation. Elle est par conséquent fermement opposée à l’écologie et tente d’expliquer que l’environnement n’a pas besoin d’être défendu. Le parti politique Solidarité et Progrès de Jacques Cheminade, qui représente en France l’idéologue américain Lyndon LaRouche (1922-2019), voit le malthusianisme derrière la prévention du réchauffement climatique et nie donc son existence. Il a donné la parole à François Gervais, un physicien à la retraite qui s’est tardivement intéressé à la climatologie et dont les motivations demandent à être éclaircies.

Le climatoscepticisme a été assez largement importé des USA, où il est né et a été structuré. Cependant, il a acquis une existence autonome. Outre les libéraux et les libertariens (un mouvement d’origine américaine), il est soutenu par des partis d’extrême-droite, comme le PP belge et l’UDC suisse. Il est alimenté par la défiance envers les institutions, le populisme et le conspirationnisme. Tous les populistes ou tous les complotistes ne sont pas climatosceptiques, mais la plupart des climatosceptiques s’inscrivent dans ces deux grands mouvements qui marquent la politique américaine et mondiale depuis une dizaine d’années, avec une certaine « cohérence » idéologique : une partie des raisons qui font rejeter la science climatique est de la même nature que celles qui font rejeter l’évolution, adhérer à l’idée qu’il existerait un « nouvel ordre mondial » ou un « état profond » dirigeant le monde en sous-main contre le peuple.

Le dernier paragraphe avec été rédigé avec la collaboration de Baptiste Campion.

8 Comments

  1. JC

    Plusieurs remarques d’un climatosceptique à votre article :

    1 – Vous dites : « Si ce taux reste constant, la concentration en CO₂ atteindra 570 ppmv à la fin de ce siècle. Elle aura donc à peu près doublé. Ce ne sera pas sans conséquence sur les climats de la Terre, puisque le CO₂ est un gaz à effet de serre. Il se produit ce que l’on appelle un réchauffement climatique, dont l’existence est à présent largement admise ».
    Le réchauffement dû CO2 est faible puisque celui-ci est quasi saturé.
    Même nos climatologues-modélisateurs le disent dans leurs écrits :
    – Hervé Le Treut dans le livre « Comprendre le changement climatique », écrit page 53 :
    « De manière générale, les effets du dioxyde de carbone dominent ceux de tous les autres gaz, sauf celui de la vapeur d’eau. Et cela ne provient pas de son forçage radiatif par molécule puisque celui-ci est plutôt petit et varie avec le logarithme de la concentration. En effet, l’absorption [des infrarouges] du dioxyde de carbone commence à saturer quand sa concentration atteint environ 100 ppm ».

    Cela fait longtemps que les 100 ppm de CO2 sont dépassés, puisque nous en sommes à 400 ppm !!

    – Dans l’article « L’effet de serre atmosphérique : plus subtil qu’on ne le croit ! » dans le Bulletin de l’union des professeurs de physique chimie n° 936, Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner écrivent :
    « on constate en effet que, pour le dioxyde de carbone, si on divise ou multiplie par deux sa concentration actuelle (proche de 360 ppm), l’absorptivité ne change pratiquement pas. Rappelons que la valeur était de 280 ppm il y a une centaine d’années, et de 180 ppm pendant les périodes glaciaires. Au vu de ces courbes, il semble qu’un doublement de la concentration en dioxyde de carbone n’ait presque aucun effet sur l’absorption ».
    « Pour le dioxyde de carbone, la « saturation » de la bande d’absorption à 15 mm visible figure 6 se reflète dans le fait que la courbe figure 8a est quasiment plate pour des concentrations supérieures à environ 200 ppm. L’absorptivité moyenne augmente fortement avec la concentration de CO2 uniquement pour des concentrations inférieures à quelques dizaines de ppm, jusqu’à ce que l’absorptivité par la bande à 15 mm soit saturée. Au-dessus de cette concentration, l’absorptivité moyenne de l’atmosphère n’augmente presque plus avec la concentration de CO2, et cette augmentation est encore plus faible lorsque l’atmosphère contient de la vapeur d’eau ».

    Ainsi l’effet de serre du CO2 est désormais minime. Les modélisateurs arrivent à un réchauffement conséquent en rajoutant des rétroactions positives et négatives dont la somme est d’être positive.

    En admettant que le taux de CO2 atmosphérique augmente de 2 ppm par an, cela fera donc une augmentation de 160 ppm en 80 ans (jusqu’en 2100). Le taux actuel de CO2 est de 408 ppm.. Si l’on applique la formule de Myhre qui donne le forçage radiatif du CO2 à partir des données de laboratoire, on obtient pour 160 ppm supplémentaires de CO2 un forçage radiatif de 5,35 x ln (568/408) = 1,77 W/m2

    1,77 ajouté aux 389,16 W/m2 actuel (correspondant à la T° moyenne mondiale en 2018 = 14,68°C) donne 390,93 W/m2 soit une température égale à (390,93/5,67.10-8)1/4 = 288,16 °K soit 15,00 °C soit une augmentation de + 0.33 °C en 80 ans (jusqu’en 2100) pour une augmentation de 160 ppm de CO2 !! Voilà le vrai réchauffement du CO2 !

    Ce qui est d’ailleurs en complet accord avec les observations (et non les prédictions) du dernier rapport du Giec :

    « La température globale moyenne de surface (GMST) observée a montré une tendance linéaire croissante beaucoup plus faible au cours des 15 dernières années qu’au cours des 30 à 60 dernières années… Par exemple, HadCRUT4 donne une tendance de 0,04 ° C par décennie entre 1998 et 2012, contre 0,11 ° C par décennie entre 1951 et 2012. » (Rapport AR5 page 769 du chapitre 9, Box 9.2 | Climate Models and the Hiatus in Global Mean Surface Warming of the Past 15 Years).

    0,04 (tous les 10 ans) x 8 décennies = 0.32 °C pour 80 ans !! En complet accord avec les 0.33 °C calculs ci-dessus.
    Les climato-réchauffistes rajoutent des rétroactions finalement positives ce qui augmente la T° prévue. Pourquoi pas, mais alors il faut ajouter ces rétroactions à tout le raisonnement. Je m’explique :
    Vous dites : ” Elle conserve par conséquent un excédent de (396 – 40 – 199) W/m², soit 157 W/m². Cela donne la mesure de l’effet de serre radiatif.”

    Non : le passage de -18 °C à + 15 °C n’est pas dû entièrement à l’effet de serre mais ces 33 °C sont dus à l’effet de serre + aux rétroactions positives et négatives engendrées par l’effet de serre. On ne peut pas oublier les rétroactions pour expliquer la T° actuelle du globe et en rajouter lorsqu’il s’agit de calculer la T° du futur ! C’est l’erreur de raisonnement très bien fondée à mon avis trouvée par Lord Monckton.

    2 – Vous dites : “cela hisse le climatoscepticisme au niveau de la Terre plate.”
    Vous oubliez qu’il y a des publications scientifiques dont les résultats vont à l’encontre du dogme réchauffiste ou qui pourrait le remettre en cause. Il y a donc un vrai débat scientifique au sein de revues spécialisées (même si on n’en parle pas) ce qui n’est évidemment pas le cas pour le problème de la terre plate. Donc non, le pb du climat et le pb de la rotondité de la Terre ne sont pas à mettre au même niveau.

    3 – Vous dites : « Ajouter du CO₂ conduit à augmenter l’altitude d’émission et donc à diminuer la puissance émise vers l’espace, puisque l’émission a un caractère thermique et que la température décroît avec l’altitude. Il en résulte un échauffement de la troposphère propagé vers le bas grâce à la convection des masses d’air. Cela fait remonter la température d’émission et l’équilibre est rétabli, mais au prix d’un échauffement qui atteint la surface de la Terre ».

    C’est ce qu’explique Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner dans leur article « L’effet de serre atmosphérique : plus subtil qu’on ne le croit ! » mais vous avez omis de donner leur conclusion :
    « Une autre simplification importante est de supposer que le gradient vertical de température est constant, alors qu’il change de signe vers 10-15 km d’altitude : dans la stratosphère en effet, l’absorptivité du rayonnement UV par l’ozone et le dioxygène induit une augmentation de la température avec l’altitude. Si l’on applique le raisonnement présenté dans cet article à cette région, on trouve qu’une augmentation de l’altitude d’émission augmente la température d’émission et donc diminue l’effet de serre. »

    Donc la théorie de l’altitude d’émission n’explique pas le caractère réchauffant d’un surplus de CO2 du fait de l’inversion des T° à la limite troposphère-stratosphère.

    4 – Vous dites « ils [les climatosceptiques] disent aussi que la TMG n’a pas augmenté durant une vingtaine d’années, à partir de 1998″.

    Il n’y a pas que les climatosceptiques qui le disent mais c’est aussi ce que dit le dernier rapport du Giec en parlant du hiatus qui met à mal les prédictions des modèles (Rapport AR5, chapitre 9, Box 9.2)

    Concernant l’augmentation récente des T°, il faut aussi parler du petit âge de glace. Cette augmentation signe la fin du petit âge de glace qui aura duré environ 560 ans et qui a posé de gros pb aux sociétés humaines (famines…) et qu’avant cela il y a eu d’autre période chaudes qui reviennent tous les 600-700 ans a tel point que la période chaude actuelle était prévisible !
    Et ne l’oublions pas, nous sommes dans un interglaciaire où les T° sont habituellement bien plus chaudes que l’actuelle (19 °C en Europe du Nord il y a 14 000 ans cf le “POUR LA SCIENCE” n° 496 de Février 2019, page 44, on peut lire :« Et le réchauffement acheva le Magdalénien :
    (…) en Rhénanie et dans le nord de la France, la température maximale annuelle entre 16 000 et 14 700 BP était d’environ 9 °C.(…) Quand, il y a environ 14 700 ans, les températures ont commencé à grimper, les glaciers se sont mis à fondre et les précipitations ont augmenté. En à peine 150 ans, les températures annuelles maximales de la Rhénanie et du nord de la France ont atteint 19 °C »

    5 – Vous dites : « Ces modélisations sont constamment améliorées. »

    Effectivement les modèles de prédiction des climats ne sont pas au point, à tel point que les 40 modèles actuels ne disent pas la même chose. Le consensus sera atteint quand on aura un et un seul modèle et là, la science pourra la ramener dans le débat public. Pour le moment, les modèles sont incomplets et peuvent se tromper du fait de la nature chaotique du climat et de tout ce que l’on ne connait pas actuellement. Je suis impressionné par l’assurance des climatologues actuels quant à leurs résultats. Ils feraient mieux d’être humble et d’appliquer le principe de précaution. L’histoire des sciences regorge pourtant d’erreurs qui se sont propagées comme une trainée de poudre durant des dizaines d’années dans les esprits… avant que…

    Donc oui comme les climatologues-modélisateurs le disent eux-mêmes, les modèles sont imparfaits, ils surchauffent trop comme l’a fait rajouter John Christy dans l’annexe du dernier rapport du giec : (voir l’extrait video de 17.15 à 21 min ici : https://www.youtube.com/watch?v=neIvOvNRgKE )

    Le problème des modélisateurs c’est qu’ils pensent que cette “petite” élévation de T° due au CO2 va emballer – via des rétroactions positives – la T° du globe et que le globe ne pourra pas arriver à absorber cette petite quantité d’énergie initiale. Cela reste à démontrer. En tout cas, j’attends la démonstration !

    Bref, les preuves scientifiques pour démontrer que le CO2 est responsable du réchauffement climatique sont très incertaines (la physique ne nous l’explique pas) pour que cela puisse me convaincre.

    L’originalité des êtres vivants c’est qu’ils sont constitués de carbone et le carbone de leur organisme vient en totalité du CO2 atmosphérique. Tout ce qu’il y a dans notre assiette c’est du carbone provenant du CO2. Prétendre qu’on va décarboner l’atmosphère est complètement contradictoire avec l’idée de préserver la biodiversité :

    Plus il y a de carbone dans l’atmosphère, plus la vie pourra se développer puisque le carbone atmosphérique est la nourriture des ces organismes (Dans son livre « à l’ombre des crises anciennes », Bruno David écrit : « Il est désormais admis que la limite souhaitable pour l’équilibre de la biosphère actuelle serait de l’ordre de 600 ppm (de CO2) ».

    Tant que ce seront des physiciens et des informaticiens – qui ne connaissent rien à la biologie et qui mentent par omission au public sur leur science et qui n’interviennent pas quand les média exagèrent et déforment leur propos ( ce qui est inadmissible) – qui s’occuperont de l’avenir de la planète en nous faisant des prédictions sur la T° du globe dans 100 ans, on sera mal barré ! Comment peut-on croire ces Nostradamus du climat au vu des données et au peu de preuves présentées

    Les climatologues feraient eux aussi de ne pas tomber dans l’idéologie « écologique ». Votre dernière partie sur l’opposition politique et idéologique est à hurler de rire quand on voit la puissance de feu des écologistes qui refusent que le débat scientifique sur ce sujet du climat ne se tienne ! Une vraie dictature de la pensée !

  2. Comment by post author

    Admin

    A JC, Pour moi, affirmer que le CO2 présent dans l’atmosphère est presque uniquement d’origine naturelle, malgré tout ce que l’humanité à rejeté depuis le début de l’ère industrielle, montre que certains climatosceptiques ne se soucient absolument pas de vraisemblance. C’est sans doute leur argument qui est le plus facile à réfuter.

    Je ne vois pas d’où vient ce chiffre de 600 ppm de CO2 qui serait nécessaire à l’équilibre de la biosphère. Le Carbonifère et le début du Permien ont été des périodes d’extension des forêts marécageuses, or le taux de CO2 était très bas et celui de l’oxygène était très élevé. C’était l’époque des arthropodes géants et des premiers amniotes. Cette affirmation conduit une nouvelle fois la mythologie climatosceptique trop loin : la baisse du taux de CO2 durant le Quaternaire a failli provoquer l’extinction de la vie, mais les hommes ont sauvé celle-ci en rejetant massivement du CO2 (ce qui contredit d’ailleurs l’affirmation ci-dessus).

    Au sujet de la politique : allez dans le groupe FB du collectif des climato-réalistes et voyez leur profil. Ils sont tous plus ou moins conspirationnistes et penchent souvent à droite. Vous y croiserez des gens d’extrême-droite, des gens de Solidarité et Progrès et des libertariens. Mais je n’ai pas dit qu’ils ont de l’influence en France. Même s’ils convainquent une petite partie de la population, ils ne sont pas écoutés par les décideurs.

  3. JC

    Non, je ne dis pas que “le CO2 présent dans l’atmosphère est presque uniquement d’origine naturelle”, vous m’avez mal lu. Je dis juste que le taux de CO2 augmente dans l’atmosphère depuis 20 000 ans. Bien évidemment l’Homme en rajoute une quantité conséquente, mais il ne faut pas oublier que le cycle du carbone présente lui aussi de grandes incertitudes quant aux valeurs des différents réservoirs et flux. Je me méfie bcp, en bon scientifique, d’une science toute dite.

    “Je ne vois pas d’où vient ce chiffre de 600 ppm de CO2 qui serait nécessaire à l’équilibre de la biosphère. ”
    Il faut demander cela à Bruno David qui ne l’explique pas dans son livre. Il faut savoir que les plantes ont bcp de mal à vivre en dessous de 150 ppm de CO2 atm et que l’on met jusqu’à 1500 ppm de CO2 dans les serres pour obtenir des croissances optimales. Peut-être prend-il ces éléments en cause ?

    Sur l’ideologie : je ne sais pas ce que vous avez contre les gens de droite mais cela signifie que vous aussi êtes à fond dans la politique. Pour en revenir au sérieux et à la neutralité de nos climatologues (ce qui ne serait pas le cas des climatosceptiques), on peut bien se demander ce que vient faire Valérie Masson Delmotte dans un débat sur les violences policière et le racisme (https://reporterre.net/VIDEO-Valerie-Masson-Delmotte-et-Assa-Traore-Quand-les-mouvements-pour-le-climat-et) ? Si là, on n’est pas en pleine ideologie de la part des réchauffistes… (et j’ai des tonnes d’autres exemples). Si les climatologues n’étaient pas dans l’idéologie ils ne seraient pas dans toutes les instances politiques pour essayer de faire passer leur vision de la société et on ne leur verrait que dans leur labo prêt à discuter à qui viendrait contredire leurs résultats ! Là nous avons une science faite par des idéologues qui refusent le débat.

  4. Hug

    @ Admin
    Je réagis sur le premier paragraphe de votre commentaire.
    On vient de vivre une expérience inattendue au printemps dernier avec une quasi mise à l’arrêt de l’économie mondiale. Trafic aérien presque réduit à zéro, transport routier fortement réduit. Un retour à la situation antérieure n’interviendra pas avant 2021.
    Au final sur les 6 derniers mois, les émissions anthropiques de CO2 ont fortement baissé. Or cela ne se voit absolument pas sur l’évolution du taux de CO2 atmosphérique qui a continué à augmenter au même rythme qu’avant :
    https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/mlo.html
    Cela est surprenant alors qu’on nous dit que les émissions anthropiques sont les seules responsables de l’augmentation du taux de CO2. Si cela était vrai, on aurait quand même du voir un ralentissement même léger de cette hausse.
    D’ailleurs, je vous suggère de cliquer sur le bouton “interactive plots” et de zoomer sur les périodes 1997/1998 et 2015/2016. On discerne clairement une augmentation temporaire de la hausse du taux de CO2. Dans les deux cas, cela s’explique simplement par un évènement El Nino particulièrement fort qui a provoqué un dégazage particulièrement fort de l’océan pacifique dans la zone équatoriale.
    Autrement dit, une forte baisse des émissions anthropiques de CO2, censées causer la totalité ou presque de la hausse du taux de CO2 atmosphérique, n’a aucun impact sur cette hausse alors qu’un évènement climatique naturel comme El Nino a lui un impact visible.
    Manifestement, il est permis de douter sérieusement de la responsabilité humaine sur la hausse du taux de CO2 atmosphérique.

    Par ailleurs, les arguments ad hominem relatifs aux opinions politiques des climatosceptiques sont de piètres arguments surtout quand on se rappelle que les deux climatosceptiques français les plus connus (Allègre et Courtillot) sont de gauche.

  5. Robert

    Ah le climatonégateur de service qui nous sort les habituelles âneries qu’on peut lire sur skyfall. En fait ce gugus nous cite les dires de Le Treut et l’étude de Dufresne alors qu’il n’y comprend goutte. Confondre saturation de l’absorption et saturation de l’effet de serre il faut le faire, c’est une démonstration magistrale de l’ignorance des lois de la physique et en particulier celle de Kirchhoff. Si le CO2 absorbe tout le rayonnement (vaut 1) il le réémet également intégralement et ce coefficient d’absorption va diminuer avec l’altitude et c’est là qu’entre en jeu l’augmentation du taux de CO2 qui va induire une augmentation de l’absorption et par conséquent une augmentation de l’altitude d’émission.

  6. Comment by post author

    Admin

    A Hug.
    Il faut attendre la fin de l’année pour faire un bilan du CO2. Cela ne change rien au fait que depuis environ 170 ans, l’humanité a rejeté suffisamment de CO2 dans l’atmosphère pour modifier la composition isotopique des atomes de carbone.

  7. JC

    Robert,

    Vous dites “… et c’est là qu’entre en jeu l’augmentation du taux de CO2 qui va induire une augmentation de l’absorption et par conséquent une augmentation de l’altitude d’émission”.

    Justement, l’émission se fait en haut de la troposphère (voir mon schéma ici : https://ibb.co/87Hd4gZ). Si vous augmentez le taux de CO2 et donc son altitude d’émission, l’émission se fera toujours à la même température puisque la tropopause a la même température quelle que soit l’altitude et un gaz émet à la T° à laquelle il se trouve. Et si vous rajoutez encore du CO2, celui-ci va émettre dans la stratosphère où le gradient de T° s’inverse et où l’émission d’énergie sera alors plus grande.
    C’est d’ailleurs ce que disent Dufresne et Treiner dans la conclusion de leur article : “… on trouve qu’une augmentation de l’altitude d’émission augmente la température d’émission et donc diminue l’effet de serre”.
    Donc pour l’instant vous n’expliquez pas l’augmentation de l’effet de serre avec l’ajout de CO2 dans l’atmosphère.

  8. JohnnySmith

    On constatera néanmoins que l’IUSG n’a pas validé la notion d’Anthropocène et que donc, d’un point de vue strictement géologique, ce changement climatique n’a pas à être attribué à l’humanité. Dire que l’humanité a un effet est une chose, dire qu’elle est la cause en est une autre. La première assertion relève de la loi de conservation de la matière, la seconde n’a actuellement pas de valeur scientifique, surtout quand on sait à quel point le climat est complexe et dépend autant de paramètres endogènes qu’exogènes.

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