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Paléontologie

Les Gorgonopsia

Comparaison des gorgonopsiens de Kotelnich en vue latérale. Photographies et dessins de Christian F. Kammerer.

Les gorgonopsiens (Gorgonopsia) forment un sous-ordre éteint de thérapsides thériodontes, apparenté aux ancêtres des mammifères, ayant vécu durant le Permien supérieur, il y a environ entre 270,6 et 252 Ma (millions d’années) et dont les fossiles sont principalement connus en Afrique et en Russie.


Comparaison des gorgonopsiens de Kotelnich en vue latérale. Photographies et dessins de Christian F. Kammerer.

Étymologie

Leur nom fait référence aux gorgones de la mythologie grecque.

Identité phylogénétique

Les gorgonopsiens sont des thériodontes, un clade important de thérapsides qui inclut notamment les ancêtres de mammifères. Les plus vieux représentants connus sont datés du milieu de la période permienne et n’étaient pas plus gros qu’un chien. L’extinction des dinocéphales, (qui dominaient le monde lors du Permien moyen) a conduit les gorgonopsiens à devenir les super prédateurs du Permien supérieur. Lors de cette période, certains membres de ce groupe devaient avoir la taille d’un lion comme Gorgonops ou Sauroctonus qui mesurait dans les 1 à 2 mètres de long et d’autres devaient avoir la taille de certains rhinocéros, comme Rubidgea et Inostrancevia, les deux plus grands gorgonopsiens connus mesurant dans les 3 mètres en moyenne.

Aspect physique

Les plus grands d’entre eux, comme Inostrancevia dépassait la taille d’un lion adulte (jusqu’à 3,50 mètres de long pour l’espèce I. alexandri) et un crâne d’environ 45 centimètres de longueur, celui-ci renfermant un cerveau relativement développé. Ces animaux possédaient deux canines de 12 à 15 centimètres de long et un appareil dentaire comparable au nôtre, toutes proportions gardées. Comme beaucoup de thérapsides, ses dents étaient en effet spécialisées. Il est possible qu’ils possédaient de la fourrure, car certains coprolithes présentent des traces de poils indiquant qu’il pourrait en avoir porté.

Paléobiologie

Les gorgonopsiens étaient probablement des prédateurs actifs utilisant leur puissant sens de l’odorat et leur assez bonne vue. Si l’on se base sur leur morphologie squelettique, les gorgonopsiens étaient apparemment des plantigrades ; ils possédaient probablement une démarche semblable à celle d’une « marche haute en crocodilien ». Cette posture leur aurait permis d’être beaucoup plus rapide que nombre de leurs proies potentielles, telles que les Dicynodontia et les Pareiasauroidea, en particulier en conjonction avec leur formule phalangienne réduite et leurs pieds plus symétriques. Leur stratégie de chasse utilisait probablement l’embuscade, c’est-à-dire attendre avant de foncer à toute vitesse pour attraper les proies avec leurs membres antérieurs et les attaquer avec leurs canines. Malgré leur « dent de sabre » similaires à celles des machairodontes (dont fait d’ailleurs partie le genre Smilodon), les gorgonopsiens étaient probablement moins précis en ce qui concerne le placement des morsures, en effet, comme ils avaient des mâchoires et des arrangements dentaires dit reptiliens, les gorgonopsiens chassaient probablement en appliquant une technique de morsure en retrait pour affaiblir leur victime avant de s’attaquer à la gorge ou autres zones vulnérables. En raison du fait que la plupart des gorgonopsiens n’ont pas de dents coupantes à l’arrière des canines, la viande aurait été arrachée d’une carcasse en utilisant les puissants muscles de la mâchoire et les incisives avant d’être avalée entière. Pendant la majeure partie du Permien supérieur, les gorgonopsiens étaient les prédateurs supérieurs de leurs écosystèmes. Cependant, plus tôt dans leur histoire évolutive, au cours du Permien moyen, les gorgonopsiens tels que Nochnitsa étaient des animaux assez petits et rares. La découverte de Nochnitsa en conjonction avec le plus grand des thérocephales, Gorynychus, indique qu’avant que les gorgonopsiens ne dominent les niches écologiques, les thérocephales basaux étaient les prédateurs des écosystèmes du Permien.

Crâne fossilisé d’un Lycaenops. On distingue déjà de très longues canines dont la forme est proche de certains thérapsides et de certains futurs mammifères, aujourd’hui éteints, comme les machairodontinés. Lycaenops skull on display at the Field Museum of Natural History.

Répartition

Ces thérapsides ont vécu dans les déserts africains et sibériens durant la période permienne, période la plus sèche de l’ère primaire. Les gorgonopsiens trouvaient leur compte dans ce climat aride qui les conduira tout de même à leur perte à la fin de l’ère permienne, par manque de nourriture.

Régime alimentaire

Les plus grandes espèces (Gorgonops ou Inostrancevia) étaient des super prédateurs, les plus grands carnivores terrestres de la période permienne. Elles s’attaquaient probablement à tous types de proies qu’elles côtoyaient sur leurs aires de répartition respectives comme par exemple les paréiasaures tels Scutosaurus ou encore certains dicynodontes comme Diictodon.

Disparition

Les gorgonopsiens s’étaient adaptés à une vie dans les déserts de ce qui deviendra l’Asie. Mais malgré leur capacité à survivre dans des milieux désertiques, ils vont faire face à la plus grande vague d’extinction de l’histoire moderne de la vie : celle de la fin du Permien. Comptant parmi les plus grandes espèces de leur époque, ils subissent de plein fouet les effets terribles de l’activité volcanique monstrueuse de la Sibérie et des changements climatiques brutaux qui s’ensuivent. Ils disparaissent sans laisser la moindre descendance, leurs plus proches parents actuels étant les mammifères.


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